Le financement public des Arches au Québec

Les communautés de l'Arche au Québec demande au gouvernement de rehausser leurs financements de base afin d'assurer la survie à long terme de l'Arche au Québec.

Des personnes présentant une déficience intellectuelle en situation
d’urgence, le gouvernement doit réagir.

Québec, le mardi 6 décembre 2011 – « Les maisons de L’Arche sont présentes partout au
Québec. Huit députés ont une maison de L’Arche dans leur circonscription, dont la ministre Vien ellemême. Tous et toutes se soucient des personnes déficientes intellectuelles et appuient les demandes de l’Association des Arches du Québec. Que faut-il faire de plus? » a déclaré Pierre Curzi.
 
« L’indifférence du gouvernement Charest face aux besoins de centaines de personnes présentant une déficience intellectuelle partout à travers le Québec dépasse l’entendement », déclare Philippe Gosselin, président de l’Association des Arches du Québec. « Depuis plusieurs mois, L’Arche au Québec, tente sans succès d’obtenir une bonification des sommes actuellement versées par les Agences régionales de santé et des services sociaux pour les services essentiels que nous offrons et malgré les discussions, rien de concret n’a été proposé par le gouvernement alors que la situation est urgente », d’ajouter M. Gosselin.

Le Québec donne entre 7,35 $ et 87,39 $ par jour par personne, selon la région. Le financement actuel, tel qu’il est octroyé par les différentes Agences au Québec, alloue un montant qui correspond à ce qui était versé en 1992. Et ceci ne tient même pas compte des dépenses considérables encourues pour les activités de la grande majorité des ateliers et des centres de jour. Actuellement, le besoin additionnel, pour que les services soient maintenus, se chiffre à 1,2 M$ par année seulement, soit un per diem de 79,02 $. À titre comparatif, en Colombie-Britannique, le gouvernement soutient les personnes présentant une déficience intellectuelle à raison de 102 $ par jour par personne. Dans la région d’Ottawa, le montant est de 175 $. En Nouvelle-Écosse, il varie entre 196 et 240 $. « Nous sommes dans une impasse et nous devrons d’ici quelques jours fermer, temporairement ou de façon permanente, plus de 15 places. C’est un scandale, surtout en cette période des Fêtes. Des
personnes présentant des déficiences intellectuelles perdront le milieu de vie qui les anime; elles seront retournées dans les familles qui nous les avaient confiées ou même confiées aux organisations publiques qui n’ont pas les ressources pour les accueillir comme les maisons de L’Arche le font », d’ajouter Sylvie Morin, coordonnatrice.
 
L’Arche accueille en foyers 141 personnes âgées de 20 à 75 ans présentant une déficience intellectuelle et offre également des activités quotidiennes à plus de 120 autres par l’entremise de ses ateliers et de ses centres de jour. Près de 50 % du budget de fonctionnement des maisons de l’Arche provient de d’autres sources que les subventions gouvernementales. Si ces personnes sont prises en charge par les institutions publiques, le gouvernement devra doubler ses budgets et changer de milieu de vie des personnes vulnérables, pour qui les services de L’Arche sont essentiels.
 
Pour l'ancien ministre libéral M. Clifford Lincoln « L'oeuvre de L'Arche est irremplaçable. Mon fils Peter, qui souffrait d'un sévère handicap intellectuel, a vécu vingt ans à « La Colombe » de L'Arche Montréal jusqu'à son récent décès. L'Arche a été pour Peter une deuxième famille, d'une bonté et d'une générosité sans bornes. J'ai appris durant ces années à reconnaître en L'Arche une organisation exceptionnelle tant par son dévouement que par son sens du devoir et du respect envers ceux et celles qui en ont le plus besoin. L'Arche est un élément essentiel de nos communautés et mérite fortement d'être soutenue. »
 
La diminution des services de haute qualité qu’offrent les Arches, oeuvres de Jean Vanier, Grand Officier de l’Ordre national du Québec aura nécessairement un impact sur le réseau de la santé déjà fragile et débordé. « Ce qui me choque le plus, c’est qu’on laisse pour compte des personnes vulnérables, qui ont besoin d’être en milieu familial et de recevoir des services comme nous les offrons », a déclaré Sylvie Morin, coordonnatrice.
 
« À L’Arche, j’ai rencontré des gens heureux qui vivent des expériences communautaires uniques dans l’harmonie et le respect », de conclure Marie Tifo, comédienne et porte-parole de L’Arche Beloeil.
 
La mission de L’Arche est de faire connaître le don des personnes présentant une déficience intellectuelle, de développer un environnement communautaire qui réponde aux besoins changeants de nos membres et de s’engager dans les cultures respectives et ainsi travailler ensemble à construire une société plus humaine.
 
Le rôle des Arches est unique : offrir aux personnes qui présentent une déficience intellectuelle un milieu de vie familiale.
Fondation des Arches du Québec - 2012